Son crime dévoilé par les cauchemars de sa fille

Un homme soupçonné d’avoir assassiné sa femme comparaît ce mercredi, devant la cour d’assises du Gard. Les enquêteurs ont été interpellés par le témoignage de la fille de l’accusé, qui a fait des cauchemars mettant en scène le meurtre de sa mère par son père, alors qu’elle n’avait que 2 ans au moment des faits.

Christian Carrié, 50 ans, est accusé du meurtre de sa femme. Ce sont les témoignages de sa fille, qui n’avait que 2 ans lors de la disparition de sa mère, qui ont mis les enquêteurs sur la piste du crime. La jeune fille, qui a aujourd’hui 15 ans, a rapporté des cauchemars qu’elle faisait de manière récurrente mettant en scène l’assassinat de sa mère par son père.

C’est en août 1998 que Djamella Iftene, la compagne de Christian Carrié a disparu. "On s'appelait toutes les semaines. Et puis, tout d'un coup, durant l'été 1998, il a été impossible de rentrer en contact avec elle", a rapporté sa grand-mère au Parisien.
À l’époque, après 4 ans de relation amoureuse mouvementée et une enfant de 2 ans, Djamella mène un réel combat pour obtenir la garde de sa fille Laura, ce qui n’aboutit pas. Six mois plus tard, la jeune femme d’alors 22 ans ne donne plus signe de vie. La grand-mère de Djamella se souvient : "Carrié m'a dit qu'elle avait suivi des hommes et qu'elle l'avait abandonné, lui et Laura".

Un cauchemar récurrent

Pendant 10 ans, l’enquête sur la disparition n’avance plus tandis que des lettres provenant de Djamella parviennent à sa famille, disant toujours la même chose. Mais en 2005, Laura est placée en foyer, son père étant soupçonné d’avoir abusé d’elle. Elle confie alors à ses éducateurs faire un cauchemar récurrent depuis de nombreuses années : "Mon papa prend un couteau, il le plante dans le cou de ma maman. Je vois mon papa. Je vois ma maman. Ma maman tombe par terre sur le dos et le sang coule par terre". C’est à partir de ce témoignage que l’enquête reprend. Le caractère violent, jaloux et alcoolique de Chistian Carrié est mis au jour, révélant qu’il allait même jusqu’à séquestrer sa compagne.

Des aveux... 10 ans après

En 2007, l’homme est incarcéré pour 4 ans ferme pour abus sexuels sur sa fille. Interrogé au sujet de Djamella par la police nîmoise, il maintient son témoignage jusqu’en 2008 où il donne une autre version de l’histoire au juge d’instruction. Il avoue alors avoir eu une dispute avec sa femme, et l’avoir poignardée devant Laura qui avait alors 2 ans et pleurait en assistant à la scène. L’homme a ensuite révélé la façon dont il s’est débarrassé du corps.
Un mois plus tard Carrié revient sur son aveu et "nie désormais toute implication dans ce crime" selon son avocat Me Antoine Garcia. Tous les indices dans la maison ayant disparu, seuls les rêves de Laura subsistent, ainsi que les lettres supposément envoyées par Djamella qui étaient en réalité de la main de son assassin présumé.

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De lundi à vendredi se tient le procès au cours duquel l’homme devra convaincre les jurés. Carrié risque la prison à perpétuité. Laura, qui a aujourd’hui 15 ans, "ne parvient pas à croire à la culpabilité de son père et imagine que sa maman va revenir" explique son conseil Me Françoise Delran. Pour la famille et les proches, l’important est que "justice soit faite, qu'il reconnaisse ; ça serait bien de faire un deuil, qu'il nous dise exactement ce qu'il a fait du corps", témoigne l’un des oncles de Laura. Pour lui, "c'est plus important que de savoir si il va être condamné".

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