"600.000 euros pour une veste d'Hitler" : l'étrange engouement autour des objets nazis

Le téléphone rouge retrouvé dans le bunker d'Hitler, sa dernière veste ou une robe d'Eva Braun: les reliques du Troisième Reich sont régulièrement mises en vente et atteignent des prix exorbitants. Non sans controverse.

Un haut de forme porté par Hitler, le contrat de location de son appartement de Munich, de l'argenterie de sa résidence du Berghof, une robe de cocktail ayant appartenu à sa compagne Eva Braun ou encore le certificat de baptême d'Hermann Göring. Une vente constituée pour l'essentiel d'effets personnels d'Adolf Hitler et de hauts responsables nazis a lieu ce mercredi en Allemagne, rapporte BFMTV. Et elle suscite l'indignation.

600.000 euros pour un uniforme, 229.000 pour un téléphone

"Le commerce de tels objets ne devrait tout simplement pas avoir lieu", estime dans un courrier adressé à la maison d'enchères le rabbin Menachem Margolin, qui dirige l'Association juive européenne. En 2014 déjà, un mystérieux acheteur déboursait 600.000 euros pour s'offrir la dernière veste d'uniforme d'Hitler ou encore des sous-vêtements "partiellement moisis" de Göring lors d'une vente organisée par la même maison d'enchères, Hermann Historica. Il y a deux ans, un autre mystérieux acheteur s'était offert le téléphone rouge du dictateur retrouvé dans son bunker, présenté comme "l'arme la plus destructrice" de l'Histoire, pour 229.000 euros.

Faire la nuance entre histoire et politique

Pourtant, cet avis n'est pas partagé par l'ensemble de la profession. Contacté par BFMTV, un revendeur de reliques de la Seconde Guerre mondiale affirme qu'il faut faire la différence entre les uniformes, insignes et équipements de la Seconde Guerre mondiale, donc les objets de l'armée allemande (portant aigle et croix gammée) et la politique nazie. "Il faut faire la nuance", insiste-t-il. "Ce sont des pièces de collection. Je vends de l'antiquité militaire, des objets ayant appartenu à des soldats, pas des bustes d'Hitler."

Des ventes polémiques en France...

En France, des ventes aux enchères ont également suscité quelques polémiques. C'était notamment le cas en septembre dernier, à l'occasion de la vente aux enchères d'une quarantaine d'objets nazis (dont des ouvrages et films de propagande, bannières à croix gammée, insignes d'honneur du parti et couteaux des Jeunesses hitlériennes) organisée à Vannes. La Ligue des droits de l'homme s'en est indignée, dénonçant une mise en lumière "sans filtre ni avertissement à visée pédagogique" de "symboles d'une idéologie nauséabonde et liés à des personnes reconnues coupables de crimes contre l'humanité". "Non à la banalisation des objets nazis comme simples souvenirs de guerre", a-t-elle appelé sur les réseaux sociaux. Même controverse il y a quelques jours à Saint-Brieuc à l'occasion d'une vente d'insignes militaires.

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...Sous certaines conditions

Ces deux ventes ont tout de même eu lieu. Car en France, vendre des objets portant une croix gammée n'est pas illégal. Il est en revanche interdit d'en faire l'apologie et d'exposer en public des symboles nazis. Selon le code pénal, est puni "le fait de porter ou d'exhiber en public un uniforme, un insigne ou un emblème" (sauf  pour les besoins d'un film ou d'un spectacle) "rappelant les uniformes, les insignes ou les emblèmes qui ont été portés ou exhibés soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle (…) soit par une personne reconnue coupable (…) de crimes contre l'humanité".

Selon le vendeur d'objets de la Seconde Guerre mondiale contacté par BFMTV.com, il y a "toutes les semaines" des ventes de ce type en France. Des ventes nécessaires, selon lui, car "il faut bien que les musées trouvent leurs pièces". "Les acheteurs ne sont pas néonazis, assure-t-il. Si on veut lire Mein Kampf, on n'a pas besoin d'en acheter un vrai exemplaire et de débourser des milliers d'euros, il suffit de le télécharger sur Internet. Ils ne cautionnent pas les idées, ce sont des collectionneurs, des amateurs d'Histoire, des historiens et des musées. Il y a aussi des personnes qui investissent. Un casque anglais valait 15 euros il y a quinze ans, aujourd'hui il en vaut 150."

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