19 fonctionnaires du ministère de l'intérieur suivis pour radicalisation islamiste

D'après les informations du Parisien, 19 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur sont suivis au titre de la radicalisation islamiste. Entre prosélytisme et soutien affiché au djihad, les cas sont variés mais tous inquiètent le ministère.

Combien d'islamistes radicaux compte l'administration policière en son sein ? C'est la question que l'on peut légitimement se poser après l'attaque meurtrière perpétuée par un agent administratif de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), qui a fait 5 morts (avec le tueur) le 3 octobre dernier.

Si Christophe Castaner, le ministre de l'intérieur, a reconnu "un dysfonctionnement d'État" et promis de "resserrer les mailles du filet", il a tout de même été convoqué et devra s'expliquer devant les députés de la délégation parlementaire au renseignement.

19 fonctionnaires suivis

Selon les informations du Parisien, ce ne sont pas moins de 19 fonctionnaires du ministère de l'Intérieur (policiers et agents administratifs) qui sont actuellement traités par le groupe de suivi de la radicalisation dans la police nationale, créé au sein de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Au plus fort de l'activité de cette instance active depuis en 2015, une trentaine d'agents ont été surveillés sur toute la France. Aucun membre d'un service de renseignement n'est suivi aujourd'hui mais, par le passé, quelques-uns ont perdu leur habilitation secret-défense à la suite de soupçons de proximité avec des individus radicalisés.

"Attention à ne pas tomber dans l'excès de la chasse aux musulmans. Le nombre de fonctionnaires radicalisés est très marginal compte tenu des 149 000 policiers et agents qui composent l'Intérieur", prévient une source policière. Mais le cas de Mickaël Harpon pose la question de la sous-estimation des cas de radicalisation au sein de la police. Un vrai casse-tête pour l'institution.

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De la prison au refus d'agrément

Toujours d'après le Parisien, la trentaine de cas répertoriés à l'IGPN recoupe des griefs variés : consultations indues de fichiers de police, comportements sectaires, changement d'apparence, propos prosélytes ou relations intimes avec des islamistes. Six fonctionnaires ont d'ores et déjà été révoqués (sanction la plus lourde de la fonction publique). Quatre ont démissionné d'eux-mêmes et d'autres ont été écartés par d'autres voies : un licenciement d'adjoint de sécurité (ADS), un non-renouvellement de contrat d'ADS, une mise de fin de stage d'un gardien en école, et trois refus d'agrément. Certains, enfin, sont encore en poste. Une grande partie est affectée en région parisienne, où les policiers sont plus nombreux.

Le cas le plus emblématique est celui d'un ancien gardien de la paix au Kremlin-Bicêtre de 47 ans qui a été condamné cet été à six ans de prison pour terrorisme. Il lui était reproché d'avoir consulté le fichier des personnes poursuivies pour terrorisme pour aider son frère radicalisé. Adepte des vidéos du groupe Etat islamique (EI), il avait aussi légitimé l'attentat contre un couple de policiers à Magnanville (Yvelines, 2016) sur les réseaux sociaux.

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