Des policiers roulent avec sa voiture depuis 4 ans, elle reçoit et paye leurs amendes

En 2015, cette habitante d’une commune du Nord s’est vue confisquer son Audi par un juge qui l’a remise à la Police. Depuis, les contraventions ne cessent de tomber dans sa boîte aux lettres... Elle se retrouve aujourd’hui avec des milliers d’euros d’amende à payer. Une situation qui semble presque impossible à régler...

"J'ai fini par perdre tous mes points, et par perdre mon permis de conduire. J'ai eu des saisies sur salaires, des frais bancaires… Je suis fatiguée de cette situation," raconte Salma au Parisien. Depuis quatre ans, les amendes pleuvent.

Des infractions que la jeune femme n’a pas pu commettre, et pour cause : son véhicule, une Audi A3 break a été confisquée par la Justice, et c’est aujourd’hui la Police qui roule avec.

Confisquée pour blanchiment d’argent

En 2015, une enquête pour trafic de drogue à Valenciennes vise l’un des frères de Salma. Interrogée, elle ne parvient à justifier l’origine des fonds ayant permis l’achat de sa Audi. Elle est donc interpellée et mise en examen pour "blanchiment d’argent." Sa voiture est saisie par le Juge d’instruction. La jeune femme remet ses clefs et sa carte grise au Service des domaines.

Par la suite l’Audi A3 est attribuée à un service d’enquête de la police judiciaire. "Normalement, la carte grise aurait dû être d'emblée barrée. Or cela n'a pas été fait," affirme l’avocate de la jeune femme, maître Audrey Jankielewicz.

Condamnée à payer plus de 6 000 euros de contraventions

Résultat : Salma reçoit PV sur PV. "J'en ai reçu plus de soixante, il y en a pour plus de 6 000 euros, sans compter les rappels," soupire-t-elle. Comme elle refuse de payer, le Trésor public saisi directement l’argent sur son compte en banque, il y a quelques jours, 2 000 euros lui ont été prélevés.

Salma et son avocate multiplient les coups de téléphone, les démarches administratives et les courriers, en vain… De la préfecture du Nord au Centre national de traitement des infractions routières de Rennes, personne ne semble vouloir ou pouvoir l’aider. "Les deux seules réponses que nous avons reçues étaient pour dire On va voir ou On n'est pas compétents," déplore, dépitée, maître Audrey Jankielewicz.

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Un véritable casse-tête. "On me dit qu'il faut quand même payer. Je n'ai pas l'argent. Et je ne veux pas payer pour quelque chose que je n'ai pas commis," proteste Salma.

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