#NousToutes : voici pourquoi les hommes doivent marcher aux côtés des femmes ce samedi

Le ras-le-bol est là, la colère enfle mais les réponses politiques concrètes tardent à arriver. Ce samedi 23 novembre, les rues des grandes villes de France vont se couvrir de violet. La mobilisation pour la marche contre les violences sexistes et sexuelles s’annonce déjà impressionnante et "historique." Léonor Guénoun, militante au collectif #NousToutes nous explique pourquoi, en tant qu’homme, il faut s’engager dans cette lutte et marcher aux côtés des femmes.

"On a tendance à dire en France, que ça va, c’est bon," explique Léonor Guénoun. Mais non, ce n’est pas bon : une femme violée toutes les 7 minutes, une femme assassinée par son conjoint, son compagnon ou son ex tous les deux jours, une femme sur trois harcelée ou agressée au travail… Des chiffres qui commencent (enfin) à se faire entendre dans la société, et qui doivent être criés haut et fort pour faire comprendre l’urgence au gouvernement.

Ce combat est impossible à mener sans le soutien des hommes. "Il faut que nous soyons nombreuses et nombreux. Si on enlève la moitié de la population, forcément nous aurons moins de chance," estime Léonor Guénoun. Car l’enjeu est de taille : le 25 novembre, deux petits jours après la marche,le Grenelle des violences conjugales, initié par Marlène Schiappa, s’achève. #NousToutes compte sur une forte mobilisation pour qu’il ne soit pas qu’une vaste opération de communication.

Les mesures qui seront annoncées par le gouvernement devront être fortes tant les attentes et les revendications sont nombreuses. Parmi elles : la formation des professionnels, notamment des forces de l’ordre, en contact avec les victimes, ou encore des campagnes de sensibilisation, des programmes éducatifs pour les plus jeunes… Pour #NousToutes, l’Etat doit mettre un milliard d’euros sur la table. "Nous voulons faire monter encore plus la pression sur le gouvernement," résume la militante.

Le féminisme n’est pas "qu’un sujet de femme"

L’année dernière, elles et ils étaient 60 000 pour la première marche de #NousToutes. "Il y avait beaucoup d’hommes, on espère qu’il y en aura plus" samedi, lance Léonor Guénoun, avant d’ajouter :

"C’est très important qu’ils soient présents, il faut qu’on se défasse de cette idée que le féminisme n’est qu’un sujet de femme. C’est faux : il concerne absolument tout le monde dans la société."

Elle précise : "le féminisme c’est être pour l’égalité "entre les femmes et les hommes. Rien de plus, rien de moins. "Il est important de montrer de nouveaux modèles aux futures générations, aux petites filles et aux petits garçons. Leur montrer que nous pouvons faire autre chose, qu’ils peuvent grandir autrement. Il faut renverser tous ces schémas classiques que nous avons en tête, le “patriarcat”, ce mot qui fait un peu peur parfois. On ne se rend pas compte qu’il touche aussi les garçons, les hommes. Il faut que tout le monde s’y mette pour changer les choses." A la clef : une société plus apaisée, plus égalitaire avec moins de violences et de discriminations. Qui peut se dire être contre ça ?

Certains ont déjà rejoint les rangs : l’humoriste Laurent Sciamma, l’ancien joueur de foot Vikash Dhorasoo, le politique Ian Brossat, le champion paralympique Cyril Moré, l’acteur Jonathan Zaccaï… Eux et des dizaines d’autres hommes ont signé une tribune dans Libération la semaine dernière, appelant à s’allier aux luttes pour l’égalité. "Nous marcherons le 23 novembre, et à chaque fois que ce sera nécessaire, contre toutes les oppressions que les femmes subissent," écrivaient-ils.

Et vous, vous marcherez à leurs côtés ?

Le rendez-vous est donné : samedi 23 novembre, à 14 heures Place de l’Opéra pour le cortège parisien. Pour les autres villes, vous trouverez toutes les infos ICI. Une cagnotte a également été mise en place pour soutenir les actions.

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"Ce sera une marche historique, je vous promets que dans quelques années, quand vous en parlerez avec vos enfants ou vous neveux, vous aurez envie de dire que vous étiez du bon côté de l’histoire," conclut Léonor Guénoun, un sourire aux lèvres. Alors ? Vous marcherez ?

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